Face à une équipe de Malmö volontaire mais quelque peu limitée, le PSG s'est bien amusé, mercredi soir (5-0), et a validé son billet pour les huitièmes de finale de la compétition. Le Real Madrid s'étant imposé à Donetsk dans l'autre match du groupe (4-3), les Parisiens devront toutefois se contenter de la deuxième place.
Un PSG tout en maîtrise
Face à un adversaire plutôt joueur dans l’ensemble, le PSG n’a pas eu à forcer son talent pour repartir à la maison les poches pleines. A dire vrai, les hommes de Laurent Blanc n’ont eu besoin que d’un petit quart d’heure pour plier l’affaire. Profitant d’un centre parfait de Van der Wiel, Rabiot a d’abord ouvert le score, de la tête, dès la 3e minute. Puis Di Maria a doublé la mise d’une frappe millimétrée (14e). Sûrs de leur force, les Parisiens ont alors déroulé leur football, avant de corser l’addition au retour des vestiaires, par Ibrahimovic (50e) puis à nouveau Di Maria, de la tête suite à un bijou de centre de Maxwell (68e). Lucas, d’un maître coup franc, a clôturé la marque (81e). Malmö, qui a manqué un penalty généreusement accordé par M. Collum (poteau de Rosenberg à la 61e), est simplement tombé sur (beaucoup) plus fort.
Matuidi et Di Maria voient double
On parle beaucoup d’eux depuis quelques semaines. L’un, Matuidi, parce qu’il est moins performant qu’en début de saison. L’autre, Di Maria, parce qu’il présente un bilan soi-disant insuffisant depuis son arrivée au club. Les deux hommes ont remis les choses au clair ce mercredi. Très actif sur son côté gauche, l’international français a signé deux passes décisives, pour Di Maria (sur le deuxième but parisien) et Ibra. Même si son influence dans le jeu peut être bien plus importante, l’Argentin a lui signé un doublé, portant son total à trois réalisations en cinq matches dans la compétition, plus quatre autres en neuf rencontres de Ligue 1. Soit sept buts en quatorze sorties sous le maillot parisien. Pour un joueur de couloir, c’est quand même pas mal...
Ibrahimovic a soigné son retour. (L'Equipe)
Ibra réussit son retour
Ce match à Malmö, la ville qui l’a vu naître puis grandir, ne le laissait forcément pas indifférent. Il a notamment financé une grande fête au centre-ville avec écran géant, concerts et autres animations, pour que ses compatriotes qui n’ont pas pu aller au stade passent tout de même un bon moment. Sur le terrain, Ibrahimovic, à qui Thiago Silva avait élégamment cédé son brassard de capitaine pour l’occasion, a également répondu présent. Parfaitement lancé par Matuidi, récupérant une mauvaise relance de la défense adverse, il a trompé Wiland dans un angle fermé (50e). Son 45e but en Ligue des champions, son 16e en Coupe d’Europe avec le PSG (en 28 matches), record de George Weah égalé. Respectueux envers le club qui l’a lancé, le géant ne l’a pas célébré. C’est donc sous une standing-ovation bien méritée qu’il a quitté la pelouse, remplacé par le jeune Jean-Kévin Augustin. Pour Paris, l'aventure continue...
"Plus fort qu'une Coupe du monde", le retour d'Ibrahimovic à Malmö est l'évènement de l'année
Depuis le tirage au sort de la Ligue des champions en août dernier, Malmö n'attend que ce 25 novembre. Date du retour de Zlatan Ibrahimovic, enfant de la ville suédoise.
" Zlatan a placé Malmö sur une carte. " Cette phrase n'a pas été lancée par le joueur du PSG mais par Dave 27 ans, habitant de la ville suédoise et fan de l'attaquant. Elle est cependant un copier-coller de celle qu'a déclaré le joueur juste avant le match retour en barrage de l’Euro 2016 face au Danemark. " C'est ma quatrième saison en France et c'est une période fantastique, j'aurais de très bons souvenirs en partant. J'ai placé la Suède sur la carte du monde et, maintenant, j'ai aussi placé la France sur une carte du monde ". Mardi Dave, supporter du Malmö FF, relatait à nouveau ces propos pour exprimer ce que le Suédois apportait à la ville située au sud du pays. " Il est immense . Surtout pour les gens de son quartier. À l’étranger, vous ne pouvez pas imaginer ce qu’il représente pour la population locale. "
À Malmö, Zlatan Ibrahimovic n’est plus un simple footballeur. Il n’est même plus une star que les gens rêvent de rencontrer. Il est un exemple. L'un de ceux à qui l'on pourrait donner le nom d'une rue. " On le fera sûrement quand il sera décédé, c'est seulement à ce moment-là que cela peut se passer malheureusement ", affirme une journaliste suédoise sur place. Le Suédois, d'une mère croate et d'un père bosniaque, représente aujourd'hui l'idôle de réussite sociale. L'exemple d’un homme qui vivait à Rosengard (le "jardin de Roses" en Français), quartier pauvre de l’est de la ville, et qui n’a découvert, selon la légende, que le centre ville de sa propre cité à l’adolescence par manque d’argent. Un comble quand on se rend compte que celui-ci n'est situé qu'à quelques minutes en voiture de son lieu de naissance.
Symbole d’un quartier, d'une ville, d'un pays
À Rosengard, le quartier où il a grandi, la star est une légende. " Regardez autour de vous,lance tout sourire un jeune homme de 31 ans qui a voulu garder secret son prénom, mais qui a toujours habité le quartier. On veut faire de Rosengard un lieu horrible à travers les médias, mais vous trouvez que c’est si dégueulasse ? Grâce à Ibrahimovic, on est mis en valeur." L’homme n’a pas tort. Rosengard est presque une ville dans la ville, située à quelques minutes en voiture de l’épicentre de Malmö et très loin du cliché de la cité de banlieue. En plein milieu, un grand centre commercial sert de point de rendez-vous. Autour se mêlent les différents lieux de culte avec une église et une grande mosquée à la sortie du quartier, presque l’une collée à l’autre. Pas de barre d'immeuble à l'horizon, les rues sont propres et la population accueillante. Comme dans toute communauté, la cité à ses problèmes, " mais ce sont une minorité " reprend le jeune homme.
L’ombre de Zlatan Ibrahimovic n’est jamais très loin ici. Les trois "Zlatan-Court" (un seul dispose de la photo de l’attaquant à l’entrée, les autres sont plus discrets), vides ce jour-là en raison de la forte pluie, symbolisent l’apport de l’enfant du quartier. Non loin de l’un d’entre eux, un immense "centre de vie du sport" a amené la deuxième passion de la star tout près de chez lui : le Taekwondo.
La ville toute entière n’attendait que son retour
À Stortorget, quatre kilomètres plus loin, la place réservée par Ibrahimovic mercredi soir pour permettre à ceux qui n’ont pas de ticket de pouvoir regarder la rencontre, les ouvriers s'affairent en ce mardi matin pour commencer à installer la scène et l’écran géant de 10 mètres de hauteur qui permettra à la foule d’admirer ses exploits. " J'ai fait ça, dès que j'ai su que nous allions jouer à Malmö , a affirmé Ibrahimovic en conférence de presse. Il n'y a pas un grand stade et je veux donner la chance à tout le monde de voir le stade. Je reste en contact avec le club et je veux vraiment que ce soit personnel. " Tellement que le Suédois a créé des t-shirts pour marquer l'évènement. Pour 10 euros, les supporters pourront soutenir leur idôle et faire un beau geste puisque les fonds iront directement à Drivkraft Malmö , une association qui aide les jeunes en difficuté. À la boutique proche du stade, les souvenirs s'arrachent. " Les gens sont très demandeurs, ils ont un peu l'impression que c'est un membre de la famille qui revient ", explique un vendeur.
Sur la place, Richard, 72 ans, intrigué par notre présence se rapproche. " Vous parlez de Ibrahimovic ? ", " Bien sûr, vous le connaissez ? ", répond-t-on. La suite résume l’esprit de la ville. " Depuis que je le vois jouer, je ne prends que le numéro 10 quand j’achète un maillot. Je raconte son histoire à mes enfants et mes petits-enfants pour leur faire comprendre que tout est possible à travers le travail ." Et sa femme de relancer. "Il devient fou quand il voit Ibrahimovic mettre le ballon au fond (elle mime alors le geste avec ses mains), à son âge.. ."
L'évènement depasse le simple match de football. La symbolique réunit la réussite d'une société. " C'est plus fort qu'une Coupe du monde" , affirme Nathan, 21 ans qui n'a jamais vu jouer Ibrahimovic "pour de vrai" . La dernière en Suède s'est disputée en 1958 dans l'ancien stade de Malmö, là-même où le joueur a fait ses débuts professionnels en 1999. Le Swedbank Stadion qui jouxte la vétuste enceinte sera le lieu de la rencontre de mercredi. À Zlatan Ibrahimovic de conclure. " Si je marque ? Je ne sais pas, je veux simplement que ce soit naturel, c'est pour ça que je n'y pense pas. Le scénario parfait serait qu'on gagne, que je marque trois buts et que tout le monde scande mon nom." À Paris comme à Malmö, Zlatan Ibrahimovic est resté le même.
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