Aujourd'hui à Shanghai, en Chine, Demba Ba, supporter du PSG et ancien joueur de Chelsea, a été un spectateur attentif de ce duel. S'il a aimé la réaction d'orgueil des Blues, il est admiratif du jeu produit par les Parisiens.
«C’était un très beau match. On a eu deux très belles équipes. Je ne regrette pas d’avoir fait une nuit blanche pour voir ça (NDLR : Au coup d’envoi du match, il était 3h45 du matin à Shanghai. Demba Ba avait rendez-vous pour l'entraînement à 9h du matin !). On voit que Chelsea reste Chelsea, et ce, malgré les galères qu'ils connaissent en Premier League, cela reste une équipe très difficile à jouer. Mais je suis content de la victoire finale de Paris évidemment. Il y a toujours ce but à l’extérieur qui est embêtant. Mais quand on voit la capacité du PSG à produire du jeu, on se dit qu’ils sont capables d’aller en produire à Londres et donc de marquer des buts.
«Le repli défensif des Hazard, Willian, Pedro illustre la culture et la philosophie de Chelsea depuis très longtemps»
On critique toujours autant Eden Hazard, qui reste un ami très proche, mais on a vu sa capacité à accélérer et à mettre en péril l'adversaire. Même s’il ne marque pas et qu’il fait beaucoup moins de passes décisives que la saison dernière, c’est quand même un danger permanent. Que dire de Willian, fidèle à lui-même. Quand je vois le repli défensif des Hazard, Willian, Pedro, ça illustre la culture et la philosophie de Chelsea depuis très longtemps. C’est pour ça qu’ils prennent peu de but en général. Tout le monde est impliqué dans le travail défensif.

Demba Ba, l'ancien Blue, ici au duel avec Gerrard (Liverpool). (AFP)
«Heureusement que Trapp a été exceptionnel, il a réalisé des arrêts de grande classe»
Oui, on n’en attendait pas autant de Chelsea, mais en parlant à Eden Hazard la veille du match, je lui disais que j’étais tout de même moins confiant pour le PSG cette saison, contrairement à l’année dernière. Je craignais la réaction des Blues. Et on a vu un beau Chelsea avec des contre-attaques bien menées. Heureusement que Kevin Trapp a été exceptionnel, il a réalisé des arrêts de grande classe. Sa parade face à Diego Costa, ooooh je ne sais pas comment il a fait. Même Diego Costa ne sait pas comment il a fait !
«Cavani, c'est quand même triste de voir les gens le siffler»
Du côté du PSG, l’équipe me plaît, elle reste fidèle à elle-même, elle joue au football. C’est beau à regarder jouer. Si le PSG et le Barça disputent leur match en même temps, franchement, je préfère voir Paris !
Je tiens à faire un petit clin d’œil à Edinson Cavani. Je regardais l’avant-match et je voyais des images du Parc des Princes qui l’avait sifflé face à Lille samedi dernier. Alors oui, il est là pour marquer des buts, mais ce n’est pas un ailier, c’est un buteur. Et comme le grand Zlatan fait tout, il ne peut rien y faire. Dans ce système-là, il est obligé d’aller sur le côté. Quand on voit la débauche d’énergie de Cavani, ce qu’il apporte à l’équipe, c’est quand même triste de voir les gens le siffler.
«Oui, Serge Aurier a manqué»
Sur le côté droit de la défense, oui, Serge Aurier a manqué. Mais latéral droit n’est pas le poste de Marquinhos ! Il est défenseur central. Il est là pour dépanner. Aurier, sur son côté, il monte, il redescend, il monte, il redescend. C’a beaucoup manqué et c’est dommage parce que c’est un super joueur.
Pour le retour ? J’aurais espéré que les deux passent s’ils ne s’affrontaient pas. Mais au final, je suis quand même Parisien. La qualification est possible, même si ça reste très ouvert.»
Marquinhos, avec l'ombre de Serge Aurier
Malgré un match globalement maîtrisé dans le couloir droit, Marquinhos n'a pas réussi à faire oublier Serge Aurier. Surtout sur le plan offensif où l'activité de l'Ivoirien a manqué.
Samedi dernier, au sortir d’un match de Ligue 1 bien fade contre Lille (0-0), Marquinhos, aligné en défense centrale à la place d’un Thiago Silva laissé au repos, avait été l’un des seuls Parisiens à tenir son rang. Une prestation convaincante qu’il devait alors penser sans lendemain, puisque le jeune Brésilien, comme souvent cette saison, aurait dû s’asseoir sur le banc face à Chelsea en Ligue des champions. Mais Serge Aurier est passé par là…
Et l’ancien joueur de la Roma a débuté contre les Blues, au poste d’arrière droit, préféré à Van der Wiel. Un poste auquel il a déjà montré des aptitudes, notamment l’an dernier, déjà contre Chelsea, lors du match retour des huitièmes de finale (2-2 a.p.). «Il déçoit rarement», nous avait confié Jacques Crevoisier, consultant sur Canal+ en amont du match. Et encore une fois, fidèle à lui-même, l’international auriverde a tenu son rang. Notamment sur le plan défensif, où il n’a jamais été pris à défaut dans son couloir, revenant même à temps pour contrer un centre de Pedro (26e). Seule point noir dans sa soirée, sa passivité sur le but de Mikel, où il s’est montré trop court dans son dégagement de la tête, laissant le champ libre au Nigérian, qui ne s’est pas fait prier pour fusiller Trapp de près (45e).
Inoffensif en seconde période
Offensivement, Marquinhos a également été actif, notamment en première mi-temps. Son centre parfait pour Zlatan Ibrahimovic aurait mérité un meilleur sort. Mais le géant suédois a trop piqué sa tête qui passait au-dessus (33e). Dans le camp de Chelsea, la deuxième période de Marquinhos fut plus compliquée. La faute à un Baba Rahman qui a bien verrouillé son couloir.
Au regard de la prestation d’ensemble de l'ancien Romain, une question se pose : Serge Aurier aurait-il pu faire plus ? Ou mieux ? Possible, oui. Loin de nous l’envie d’excuser la grave sortie médiatique de l’Ivoirien ou de regretter sa mise à l’écart du groupe provoquant la titularisation de Marquinhos. Mais, pour sûr, il aurait apporté un impact et une activité autre que celle du titulaire du soir. Sa puissance, sa vitesse et ses aller-retours incessants auraient mis à mal la défense des Blues. Souvent, le côté droit de l’attaque parisienne était désert lorsque Di Maria puis Lucas dézonaient pour apporter le surnombre dans l’axe. Aurier, s’il avait été là, aurait comblé ce manque et apporté le surnombre. Ce que n’a pas su faire Marquinhos…
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