Troisième de Ligue 1, l'OGC Nice réalise une saison épatante. Si ses attaquants et ses milieux sont régulièrement mis en avant, il n'en va pas de même pour ses gardiens. Mouez Hassen et Yoan Cardinale ont même parfois été pointés du doigt. Jérôme Alonzo analyse la situation.
La réflexion a régulièrement été entendue, chez les supporters niçois comme chez certains observateurs. Comment un club qui a formé ou vu passer Dominique Baratelli, Lionel Letizi, Jérôme Alonzo, Hugo Lloris ou David Ospina peut-il se retrouver avec Mouez Hassen et Yoan Cardinale ? Très dure, voire exagérée, la question a pourtant été posée, entretenue par une hiérarchie fluctuante. Troisième gardien en début de saison, Cardinale a bénéficié des blessures de Simon Pouplin puis de la disgrâce de Hassen pour s'imposer depuis trois mois. Sa performance face à l'OM, dimanche dernier (1-1), a illustré à merveille l'ascenseur émotionnel que peuvent provoquer les gardiens du Gym. Après avoir coûté un but, Cardinale a sauvé son équipe en réalisant plusieurs arrêts de classe.
Jérôme Alonzo. (L'Equipe)
«Tout Yoan Cardinale est résumé dans ce match, estime Jérôme Alonzo, ancien gardien de but formé à Nice, désormais consultant pour France Télévisions. C'est un gamin encore perfectible, mais dans le même match il te fait des arrêts super compliqués ! Et puis quand il prend feu, c'est Omeyer quoi (rires) !» Titulaire depuis la 16e journée aux dépens de Mouez Hassen, le portier de 21 ans efface peu à peu les doutes nés d'un gabarit éloigné du profil type des gardiens modernes (1,81m, 84kg)... «C'est un gardien très spectaculaire, et qui provoque de l'empathie chez les gens, reprend Alonzo. A Nice, c'est très important d'avoir le public avec soi... C'est une donnée très importante. En plus, Mouez a eu des soucis avec les supporters l'an passé... Même si sur cet épisode, on lui avait mal parlé et il avait répondu. C'est un homme, il est inattaquable là-dessus. En revanche, un gardien doit gagner l'amour de son public sur le terrain...»
Le talent c'est bien, le mental aussi
Ce que n'a donc pas réussi à faire l'international Espoirs (20 ans), vainqueur de la Coupe Gambardella en 2012 et qui a dû, très jeune, assumer l'étiquette d'héritier d'Hugo Lloris. Et après l'avoir longtemps protégé malgré un manque d'assurance évident, Claude Puel s'est résolu à écarter Hassen de son onze de départ à la fin de l'automne, après son expulsion à Toulouse (0-2, 15e journée).
«Je pensais à la base que Mouez avait un potentiel plus important, par l'agilité, le gabarit, la détente... Ses débuts en L1 n'ont pas été mauvais, il ont été un peu plus "anonymes", explique Alonzo. Il n'a pas fait de connerie monumentale, mais je n'ai pas souvenir d'une série de trois, quatre matches lors desquels il a aidé le Gym à gagner. Et quand on traverse une mauvaise période, il faut être bien entouré. Si Mouez n'a pas surnagé à ce moment-là, c'est qu'il y a un problème quelque part, et je pense pouvoir dire qu'il n'est pas interne au club. On est peut-être en droit de se poser la question, son entourage a-t-il été assez présent dans les moments difficiles »
«Je pensais à la base que Mouez avait un potentiel plus important, par l'agilité, le gabarit, la détente... Ses débuts en L1 n'ont pas été mauvais, il ont été un peu plus "anonymes", explique Alonzo. Il n'a pas fait de connerie monumentale, mais je n'ai pas souvenir d'une série de trois, quatre matches lors desquels il a aidé le Gym à gagner. Et quand on traverse une mauvaise période, il faut être bien entouré. Si Mouez n'a pas surnagé à ce moment-là, c'est qu'il y a un problème quelque part, et je pense pouvoir dire qu'il n'est pas interne au club. On est peut-être en droit de se poser la question, son entourage a-t-il été assez présent dans les moments difficiles »
Mouez Hassen, «un gardien vexé». (L'Equipe)
«Si Mouez n'a pas surnagé à ce moment-là, c'est qu'il y a un problème quelque part, et je pense pouvoir dire qu'il n'est pas interne au club»
L'ancien gardien de l'OM, de l'ASSE ou du PSG rappelle cependant que «la hiérarchie n'est pas figée». «Quand tu passes de numéro un à numéro deux, c'est une tragédie. Le poste de gardien de but, c'est 70% de mental. A ce niveau, j'ai un doute, alors que je n'en ai pas sur Yoan. Mais Mouez est un gardien vexé et il y a deux moyens de réagir : soit tu lâches, soit tu te surpasses. Attention, on ne sait pas quel chemin il va prendre.»
Hassen devra cependant cravacher, car Cardinale a pris une belle avance malgré des qualités naturelles moindres et des moqueries répétées liées à son apparence physique : «Je compare souvent Yoan à Jérémie Janot, parce que c'est un gabarit particulier, parce qu'on sent que ce sont des mecs qui tirent le maximum de leur potentiel. Voilà un gamin qui a compris de suite qui il était. Il ne fera jamais 1,90m, ne pèsera jamais 53kg, et il l'a accepté. Jérémie aussi a subi des moqueries, ils l'appelaient Passe-Partout dans les tribunes ! Je pense également qu'un mec comme Lionel Letizi a fait beaucoup plus de bien à Yoan qu'à Mouez, parce que je ne sais pas si Mouez est assez mature pour être à l'écoute d'un mec comme Lionel. Quand tu as vingt ballets et que tu as Lionel Letizi avec toi, il faut l'écouter !»
Tradition et exposition : un frein plutôt qu'une force ?
«A notre époque, si tu faisais une connerie, il y avait ta mère et ton père qui étaient au courant !»
Légende du club, Lionel Letizi, désormais entraîneur des gardiens niçois, incarne justement une tradition qui a pu ajouter un soupçon de pression sur ses successeurs. Une idée repoussée d'une manchette par Jérôme Alonzo : «Ça devrait être une force ! Ils peuvent se dire : "Je suis dans un club où moi aussi, je perpétue la tradition". Ça doit être une fierté, pas une pression. Sinon c'est une erreur.» Mais l'ancien de la maison azuréenne est conscient que le contexte est bien moins favorable qu'il y a vingt ans, lorsqu'il avait effectué ses débuts en pro aux côtés, justement, de Letizi.
«En 1993, il n'y avait évidemment pas de téléphone portable, ni Internet, encore moins de réseaux sociaux. Tu voyais les buts du Gym sur FR3 Régions. Donc globalement, si tu faisais une connerie, il y avait ta mère et ton père qui étaient au courant ! Aujourd'hui, tu rates un six mètres ou un corner, tu passes en boucle sur Youtube, les mecs se moquent sur Twitter, sur Facebook... Ç'a définitivement changé la vie des gardiens et leur approche ! A notre époque, à la limite on se faisait pourrir dans le vestiaire et c'était fini ! Sans dénigrer nos talents, à Lionel et à moi, c'était plus facile de faire notre trou, parce qu'on était moins exposés, plus tranquilles.» Cardinale a pu le vérifier le week-end dernier : l'exposition peut aussi être bénéfique après quelques arrêts brillants.
«En 1993, il n'y avait évidemment pas de téléphone portable, ni Internet, encore moins de réseaux sociaux. Tu voyais les buts du Gym sur FR3 Régions. Donc globalement, si tu faisais une connerie, il y avait ta mère et ton père qui étaient au courant ! Aujourd'hui, tu rates un six mètres ou un corner, tu passes en boucle sur Youtube, les mecs se moquent sur Twitter, sur Facebook... Ç'a définitivement changé la vie des gardiens et leur approche ! A notre époque, à la limite on se faisait pourrir dans le vestiaire et c'était fini ! Sans dénigrer nos talents, à Lionel et à moi, c'était plus facile de faire notre trou, parce qu'on était moins exposés, plus tranquilles.» Cardinale a pu le vérifier le week-end dernier : l'exposition peut aussi être bénéfique après quelques arrêts brillants.
La Fédération ivoirienne intervient dans l’affaire Serge Aurier !
La Fédération ivoirienne de football a pris position dans l'affaire Serge Aurier. Si elle condamne les propos de son international, elle réclame de l'indulgence de la part du PSG.
L’affaire Serge Aurier déclenche de multiples réactions depuis dimanche dernier. Même du côté des autres sports, à l’image des commentaires de Bernard Laporte, relativement sévère, ou encore Yannick Noah, plutôt indulgent à l’encontre du latéral droit. Mais une voix ne s’était pas encore fait entendre, alors qu’elle avait une certaine légitimité. C’est désormais chose faite puisque la Fédération ivoirienne de football a officiellement présenté sa position dans ce dossier, à travers un communiqué publié sur le site officiel.
« C’est avec un réel regret que la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) a pris connaissance des propos prononcés par l’international ivoirien Serge AURIER, à l’endroit de son Entraîneur et de certains de ses coéquipiers du club français Paris Saint-Germain. Le Président de la FIF et le Comité Exécutif déplorent l’attitude du joueur Serge AURIER ; une attitude qui est source de désagréments pour les personnes offensées et pour le club. Cependant, la FIF note que Serge AURIER s’est toujours employé à entretenir un bon commerce avec ses partenaires de la Sélection nationale de Côte d’Ivoire. De même, il a toujours fait valoir son attachement pour le Paris Saint-Germain en toute circonstance. Aussi, tout en comprenant les mesures conservatoires déjà prises à l’endroit du joueur, la FIF en appelle-t-elle à l’indulgence du club pour ce jeune joueur talentueux de 23 ans, qui mérite de tous un encadrement afin d’éviter à l’avenir de tels dérapages », peut-on ainsi lire dans cette lettre signée par le président Augustin Sidy Diallo.
Clairement, la FIF monte au créneau pour défendre le joueur, qui compte 29 sélections. D’ailleurs, elle souhaite s’appuyer sur Serge Aurier lors du prochain rassemblement de la sélection, pour affronter le Soudan pour les éliminatoires de la CAN 2017 (aller le 23 mars en Côté d’Ivoire, retour le 27 au Soudan), comme l’assurait L’Équipe. La Fédération réclame donc l’indulgence du PSG, qui, rappelons-le, a mis à pied son joueur avant un entretien lundi à Paris pour dévoiler la sanction définitive. Ce matin, L’Équipe faisait état de la volonté du club parisien de ne plus faire jouer Aurier jusqu’à la fin de la saison et de le vendre au mercato estival.
L’OL devra faire sans Tolisso
Blessé aux ischios-jambiers ce mercredi à l’entraînement, Corentin Tolisso (21 ans) sera forfait pour le déplacement de l’OL à Lille ce dimanche pour le compte de la 27e journée de Ligue 1. Présent en conférence de presse, Bruno Génésio s’est exprimé sur la situation de son milieu de terrain, auteur de 3 buts et 3 passes décisives lors des 5 dernières rencontres des Gones.
« Corentin est forfait pour ce week-end, comme Rafa, Max Gonalons est incertain mais j’ai bon espoir qu’il puisse jouer. Pour Corentin on attend d’autres examens en début de semaine prochaine pour avoir plus de certitudes, on aura plus de précisions lundi. Corentin était dans une phase ascendante, il retrouvait ses sensations en faisant marquer ou en marquant en plus de ses qualités à la récupération et dans l’impact athlétique. Maintenant, j’ai confiance quant aux joueurs qui devront le remplacer », a déclaré le coach rhodanien.
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