quinta-feira, 18 de fevereiro de 2016

Quand le fantôme de Bielsa plane sur le match OM-Bilbao



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L'OM et Bilbao, qui s'affrontent en C3, ont comme point commun d'avoir été coachés par Marcelo Bielsa. Mais l'après El Loco n'a pas été vécu de la même manière dans chaque club.


En décembre dernier, quand le tirage de la Ligue Europa a vu l'OM tomber sur l'Athletic Bilbao à l'occasion des 16es de finale, tous les observateurs et suiveurs du football européen se sont fait la même réflexion : cette opposition est celle des deux seuls clubs européens de Marcelo Bielsa - si on omet de citer l'Espanyol de Barcelone où il n'est resté que quelques semaines -. Fidèle à ses principes malgré le temps qui passe et les critiques qu'il essuie, El Loco a évidemment appliqué les mêmes méthodes de travail au Vélodrome qu'à San Mames. On peut le constater à travers le football pratiqué par ces formations durant son règne, mais pas seulement. Les saisons qui ont suivi son départ dans chacun des deux camps sont également similaires à bien des égards et mettent en lumière un contrecoup d'une collaboration délicate.
Marcelo Bielsa exige beaucoup de ses équipes sur le plan physique et tactique. Cela porte ses fruits, mais c'est aussi usant sur la durée. C'est souvent à partir de la deuxième partie de la saison que ses formations connaissent un coup de pompe et elles peuvent le trainer longtemps. Très longtemps même. C'est le principal constat qui peut être tiré au vu de la place occupée au classement par l'Athletic à l'occasion de sa deuxième année avec le coach argentin, mais aussi par l'OM lors de la campagne consécutive au départ de ce dernier. En effet, les Marseillais, bien qu'évoluant sous les ordres d'un nouveau staff depuis le mois de septembre dernier, donnent l'impression de digérer encore la lourde charge de travail imposée par le prédécesseur de Michel. 

À Bilbao, Valverde était le choix idéal pour assurer l'après-Bielsa

Après le départ de Marcelo Bielsa (le 30 juin 2013), l’Athletic Bilbao a fait confiance à un entraîneur que le club connaissait déjà très bien : Ernesto Valverde. Un technicien moins radical dans son approche du jeu mais, surtout, un connaisseur des plus profondes racines historiques du club basque. On ne peut pas en dire autant de Michel par rapport à l'OM et on peut, à partir de là, comprendre une bonne partie des difficultés rencontrées par le coach ibérique pour relancer les Phocéens.  
Valverde a hérité d’un groupe qui a vécu une aventure capitale. Jouer sous les ordres de Marcelo Bielsa et son staff implique vivre une expérience totalement différente de celles expérimentées jusque-là. Cohabiter avec le natif de Rosario est une expérience incomparable. Sa méthodologie particulière et totalement éloignée de ce qui se fait en Europe, sa manière d’agir, de s’organiser a permis aux joueurs et à l’entité basque d’accéder à un niveau de connaissance et d’expérience qui les a indubitablement marqués, malgré les deux saisons sans titres passées avec le technicien argentin.
Tout ce que Marcelo Bielsa a laissé comme héritage est resté scellé au fer rouge dans le subconscient du cadre basque parce qu’une autre manière d’opérer n’avait jusque-là jamais été considérée dans le cadre du possible. La manière analytique et méthodique de développer chaque mouvement spécifique, la répétition mécanique du geste, la rigueur demandée - qu’elle soit individuelle ou collective - demande un niveau d’exigence extrême du point de vue émotionnel. 
Bielsa exige de ses joueurs tout ce qu’ils peuvent donner au niveau footballistique et émotionnel. Avec le temps, cette méthode s’est érodée, mais celle-ci leur a aussi permis d’obtenir un bagage prodigieusement important. Tout son travail est resté dans la mémoire de chaque joueur ; des joueurs qui ont dû se plier à sa discipline, à l’exigence instaurée dans le modus operandi d’une institution que Bielsa a transcendée.
Naturellement, et vu qu'il y est resté un an de moins, la trace de Bielsa à Marseille est moins prégnante. Mais elle est bien là et, quand on regarde la campagne que réalise l'OM, il est difficile de ne pas voir une cause à effet par rapport au côté négatif de ses procédés. Pour les joueurs c'est aussi d'autant plus difficile de passer à autre chose lorsqu'à chaque sortie à domicile le nom de leur précédent entraineur est scandé. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'équipe n'a plus gagné le moindre match au Vélodrome en Ligue 1 depuis le mois de septembre dernier.
Le calme après la tempête
À Bilbao, après le départ du technicien argentin, le sédiment distillé au club (le jeu, la rigueur quotidienne, les progrès à fortiori des joueurs, des jeunes, etc…) a permis de générer de la performance ‘en soi’. Lors de la saison 2013-2014, Valverde a fait la connaissance d’un groupe qui a appris à rivaliser au plus haut niveau européen, qui a pris l’habitude de décomposer chaque paramètre et chaque variable du jeu ; un travail assemblé au goût de Bielsa qui avait non pas déconstruit mais complété leur football direct pour mettre l’accent sur les aspects qui l’intéressaient au plus haut point (pressing tout terrain, mouvement constant, triangulations, verticalité, surnombre).
Lors de la seconde saison des Basques avec l’Argentin à leur tête, l’Athletic a connu le désenchantement. Douzième à l'issue de la saison 2012-2013, l’équipe a vécu l’usure devant tant d’offrandes, d’émotions et d’exigence mentale. Après les louanges de la saison 2011-2012, l’équipe a connu des conséquences opposées, celles d’être éloignée de la reconnaissance populaire et médiatique. Les joueurs, eux, ont dû vivre le football différemment, dans la douleur et le déracinement. Travailler un maximum pour atteindre le minimum et rester dans l’élite avec cette humilité de quelqu’un qui lutte pour ne pas tomber dans l’oubli. Durant le deuxième exercice, l’effectif a dû vivre le football depuis une autre perspective, et Bielsa s’est chargé de maximiser le rendement par son approche de l’éthique et de l’honnêteté.
Face à cette impasse, l’Athletic avait besoin d’un homme capable de catalyser l’ensemble du bagage accumulé. Réadapter, restructurer tout ce qui a été généré lors de ces deux saisons fait d’un football connu, basé sur cet holisme qui a toujours caractérisé l’équipe basque, où le collectif l’emporte sur la somme d’individualités, où le collectif a ce sentiment de ne faire qu’un. Ernesto Valverde a su faire la mise au point qui s’imposait. Maîtriser le courage, l’enthousiasme. L’effervescence passait par le chemin de l’organisation, l’utilisation d’un autre savoir. En somme, c'est tout ce que Michel n'a pas encore réussi à mettre en place du côté de la Commanderie. Bien sûr, les idées de chacun sont différentes, mais vu qu'elles viennent de l'Espagne, on peut penser que les idéologies, elles, sont les mêmes. 
À Marseille, la greffe ne prend pas
Valverde s’est reposé sur le groupe et la dynamique de jeu insufflée par Bielsa en distillant des valeurs qui lui sont propres. Articulé autour d’un 4-3-3/4-2-3-1 (Iraizoz ; Balenziaga, Gurpegi-Laporte, Iraola/De Marcos ; Iturraspe, Beñat/Ander Herrera, Mikel Rico/De Marcos ; Susaeta, Muniain, Aduriz), l’Athletic propose toujours un football proactif dans le but de surprendre les défenses adverses. Le mouvement constant est toujours présent, l’aide systématique des latéraux pour leur ailier également. L’objectif reste le même : faciliter la fluidité du jeu dans la quête du déséquilibre. Avec comme différence moins de projections et une attache plus affirmée pour le jeu de position.
L’organisation défensive diffère également : l’Athletic Bilbao de Valverde ne repose pas sur le marquage individuel. L’effort collectif au pressing est donc moins ‘total’ bien que la récupération haute soit une prérogative. La défense en homme à homme qui obligeait les joueurs à s’ajuster par rapport aux espaces et à savoir comment jouer/presser en phase de transition n’est plus. Finis donc les risques inconsidérés au nom du surnombre défensif ou offensif. Le jeu passe par l’intensité certes, mais avec une mesure apparente. Si Bielsa prône la prise de risque, Valverde préfère la maîtrise. Et ce dernier a doté l’entité basque d’une tranquillité institutionnelle nécessaire pour son développement.
Résultat ? Dans un relatif anonymat, l’Athletic Bilbao a terminé la saison 2013-2014 à la quatrième place de la Liga, qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des champions derrière le trio FC Barcelone-Atlético Madrid-Real Madrid. Pour accéder à la phase de groupes, l’équipe basque s’était qualifiée aux dépens du Napoli. L’Athletic Bilbao avait retrouvé la C1, 16 ans après. 
Les Marseillais auraient signé immédiatement pour connaitre un après-Bielsa tout aussi réussi. Malheureusement pour eux ce n'est pas le cas et à moins de faire preuve d'un optimisme exacerbé, on voit vraiment mal comment cette équipe va pouvoir accrocher un ticket pour la prochaine C1. Le chantier reste énorme et pour Michel, il faudra incontestablement plus de temps pour réussir à mettre en application tous ses plans. Reste en savoir s'il en aura le temps. En attendant, la confrontation de jeudi face à Bilbao en Ligue Europa serait pour lui la meilleure occasion de demander conseil à Valverde. 

Marseille, les Bleus, Bielsa, le Barça… Les confessions d'Aymeric Laporte



Aymeric Laporte s'est confié en exclusivité pour Football365. Le défenseur de l'Athletic Bilbao se livre notamment sur la rencontre face à Marseille et sur son ancien entraîneur Marcelo Bielsa.



Aymeric Laporte, comment abordez-vous la rencontre contre Marseille en Europa League ?
Je l’aborde avec beaucoup d’envie et surtout avec la volonté de gagner et de faire un bon résultat. C’est notre objectif avec Bilbao donc on a vraiment envie d’aller chercher la victoire. Lors du tirage, on n’a pas eu de réaction particulière. Il fallait se préparer pour ce match et on est prêt. On a envie d’aller à Marseille et de passer ce tour.
Que pensez-vous de leur saison actuelle ?
D’après ce qu’on a vu, c’est assez compliqué pour eux. Ils ont changé d’entraîneur très tôt et ce n’est pas facile. Mais ils ont un bel effectif, de bons joueurs… Mais c’est vrai qu’ils n’arrivent pas à exploiter leur potentiel à fond.
L’OM a plus de réussite à l’extérieur et l’Athletic à domicile…
A San Mames, c’est toujours un peu plus facile avec les supporters et l’ambiance. On a plus de bons résultats à domicile. Eux, ils sont bons à l’extérieur. Donc ça va être difficile aussi au retour.
Vous avez affronter Michel quand il était le coach du FC Séville. Que pensez-vous de lui ?
C’est un très bon entraîneur. Je le connais personnellement et c’est une super personne. Il ne m’a jamais entraîné mais ça se passe super bien avec lui en dehors des terrains.

« Physiquement, le départ de Bielsa avait été une bonne nouvelle »

Bielsa, lui en revanche, a été votre coach. Comment aviez-vous vécu cela à Bilbao ?
Bielsa, c’est un peu compliqué. C’est une personne assez spéciale. La première année avait été assez bonne mais la deuxième saison a été très dure car on n’avait pas de résultats. C’était beaucoup d’entraînements, beaucoup de physique… Il y avait pas mal de joueurs blessés. Physiquement, son départ avait été une bonne nouvelle. Après, c’est vrai que Bielsa est une personne qui connaît le foot par cœur. C’est vraiment un fou de foot.
Comment travaillait-il avec l’équipe ?
Avec des ordinateurs sur le terrain ! Il n’y avait pas vraiment de différences avec ce qu’il faisait à Marseille. Il ne faisait pas les mêmes ateliers mais sa manière de jouer et le style de l’équipe étaient les mêmes. Il n’y a pas de grosses différences.
Il porte donc bien son surnom « El Loco » ?
Un jour, la personne qui s’occupe de mettre en place les ateliers sur le terrain devait faire six pas en partant Bielsa. Il les fait mais Bielsa les recomptent et il pète les plombs. Pour une histoire de dix centimètres ! Son départ de Bilbao ne m’a pas forcément surpris. C’est quelque chose de normal quand les résultats sont moins bons.

« Le Barça est la meilleure équipe du monde »

Briller contre Marseille, n’est-ce pas l’occasion d’être repéré par Deschamps ?
Je n’espère pas être jugé sur un seul match mais sur une continuité. Après, si j’ai la possibilité de faire un bon match, c’est le moment, forcément. Mais je n’ai pas reçu de pré-convocation avec l’équipe de France.
Et des contacts avec le Barça, où votre cote est en hausse ?
Cette rumeur revient à chaque Mercato. La dernière, c’était même le PSG. Les journaux insistent mais rien n’est vrai. En ce qui concerne des possibles contacts avec le Barça, il faut voir ça avec mon club car je suis sous contrat. Bilbao ne m’a jamais parlé d’un intérêt du Barça.
Ce club fait forcément rêver…
Pour l’instant, je suis à l’Athletic et je suis concentré sur ma saison. On enchaîne les bons matchs et les bonnes prestations. Le Barça est la meilleure équipe du monde mais pour l’instant, il n’y a rien de concret et personne ne m’a appelé directement. Je suis posé et j’attends patiemment.



Marseille : Le groupe face à l'Athletic Bilbao


Michel a communiqué un groupe de vingt joueurs pour la réception de l'Athletic Bilbao jeudi en seizième de finale aller de la Ligue Europa (21h05). Un groupe amputé notamment de Brice Dja Djédjé et de Rémy Cabella.


Ce sont deux titulaires indiscutables du onze marseillais qui quittent le groupe de l'OM. Brice Dja Djédjé et Rémy Cabella ne figurent pas parmi les vingt joueurs convoqués par Michel pour la réception de l'Athletic Bilbao jeudi en seizième de finel aller de la Ligue Europa (21h05). Et pour cause, le premier s'est blessé au quadriceps gauche à Nice dimanche dernier (1-1) et le second est suspendu après avoir écopé d'un carton jaune chez le Slovan Liberec lors de la dernière journée de la phase de groupes (2-4). Abou Diaby et Lucas Silva ne sont eux pas inscrits sur la liste des joueurs qualifiés pour la compétition. Ces absences profitent notamment à Stéphane Sparagna, Paolo De Ceglie et Antoine Rabillard, qui font tous leur retour dans le groupe après en avoir été écartés pour le déplacement à Nice le week-end passé.

Le groupe de Marseille

S.Mandanda, Y.Pelé, Escales - Manquillo, Nkoulou, Rekik, Rolando, Sparagna, De Ceglie - L.Diarra, Nkoudou, Sarr, Barrada, Romao, Isla – Alessandrini, Batshuayi, S.Fletcher, Thauvin, Rabillard

Blessés : B.Dja Djédjé (quadriceps), Ocampos (cheville), Ben.Mendy (reprise), Zambo Anguissa (genou)
Suspendu : Cabella
Non qualifiés : Diaby, L.Silva
Choix de l’entraîneur : Lopez, Porsan-Clemente, Mouhammadou

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